Canicule : combien de morts faudra-t-il encore avant que nos élus agissent ?

Canicule : combien de morts faudra-t-il encore avant que nos élus agissent ?

marc – ingénieur

Chaque été, le même scénario se répète. Les températures battent des records, les hôpitaux sont sous tension, les personnes âgées souffrent, les travailleurs en extérieur risquent leur santé, les villes deviennent de véritables fours. Et pourtant, les réponses publiques restent trop souvent limitées à quelques communiqués de prévention.

La canicule n’est plus un événement exceptionnel. C’est une réalité durable qui exige une nouvelle manière de gouverner.

La première responsabilité des élus, qu’ils soient maires, présidents d’intercommunalité, députés ou ministres, est d’anticiper. Gouverner, ce n’est pas seulement réagir lorsqu’une crise éclate. C’est prévoir, organiser et protéger.

Pourtant, les solutions existent.

Un simple ingénieur de gestion sait qu’un problème se traite selon une méthode : identifier les risques, planifier les actions, définir les responsabilités, mesurer les résultats et corriger les erreurs.

Pourquoi cette logique, appliquée quotidiennement dans les entreprises, semble-t-elle absente lorsqu’il s’agit de protéger des millions de citoyens ?

Chaque commune devrait disposer d’un véritable plan canicule permanent.

Qui fait quoi ? Quand ? Comment ? Avec quels moyens ?

Les arbres ne se plantent pas au mois d’août mais plusieurs années auparavant. Les bâtiments publics doivent être isolés avant les vagues de chaleur. Les écoles, les maisons de retraite, les hôpitaux, les transports, les places publiques doivent être adaptés. Les fontaines, les zones d’ombre, les îlots de fraîcheur doivent devenir des équipements essentiels, au même titre que l’éclairage public.

Les collectivités locales doivent également identifier les personnes isolées, organiser des visites, mettre à disposition des lieux climatisés et coordonner les associations, les pompiers, les professionnels de santé et les services sociaux.

L’État, quant à lui, doit accompagner financièrement les communes, simplifier les procédures et fixer des objectifs nationaux ambitieux.

La lutte contre les canicules ne relève pas d’un débat politique. Elle relève de la responsabilité publique.

Aujourd’hui, les épisodes de chaleur extrême coûtent déjà des milliards d’euros en dépenses de santé, pertes de productivité, incendies, sécheresses et dégradations des infrastructures.

Investir dans la prévention coûtera toujours moins cher que réparer les conséquences de l’inaction.

Nos élus disposent des connaissances, des compétences techniques et des moyens institutionnels. Ce qui manque encore trop souvent, c’est la volonté politique.

Face à une menace devenue prévisible, ne rien faire n’est plus une erreur. C’est une responsabilité.

Il est temps que chaque commune, chaque département et chaque ministère rende des comptes sur sa stratégie face aux canicules.

Les citoyens n’attendent plus des promesses. Ils attendent des résultats.

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